La prison

La prison d’Antsirabe.

Si, la grande majorité de la population vit dans la misère et le plus grand dénuement (92% vit en dessous du seuil de pauvreté), les conditions carcérales dans les prisons sont vraiment sont insoutenables.

Entrée de la prison d'Antsirabe (Madagascar)

La prison d’Antsirabe n’échappe pas à la règle, prévue pour 300 personnes, on y « entasse » plus de 750 prisonniers. Une « chambre » peut contenir jusqu’à 200 détenus. Ils y sont enfermés de 17h à 7h du matin.

Ils couchent côte à côte sur des châlits en bois. Ils végètent dans une promiscuité insupportable, ils sont abandonnés de tous et l’oisiveté est leur seule occupation. La sous-alimentation est chronique : un seul la prisonrepas par jour leur est proposé uniquement composé de manioc bouilli. Si la famille ou des amis ne leur apportent pas un complément, c’est limite la famine. La vermine avec des invasions de rats et les maladies infectieuses, dont la tuberculose, font partie du quotidien. La toilette se fait sans aucune intimité dans une minuscule cour commune, qui jouxte les W.C. aux odeurs pestilentielles.
Les trois quarts des détenus sont en attente de jugement. Certains sont en préventive pendant des années pour des délits mineurs. Pour le cambriolage d’une maison, le vol d’une poule ou une bagarre en état d’ébriété, certains font jusqu’à 5, voire davantage d’années (jusqu’à 10 ans !) dans cet enfer, sans même avoir été condamnés. La Justice, entre les « bavures » et la corruption est en dessous de tout. Un homme est condamné à perpétuité pour meurtre. C’est son frère qui a commis cet assassinat. Lui était à Tana, des dizaines de personnes peuvent en témoigner. Son frère est en fuite.
C’est dans ce contexte que Sœur Agnese essaye d’apporter un peu de réconfort à tous ces malheureux. Elle déploie son énergie à améliorer l’hygiène et à aménager la scolarisation. Plus de la moitié des prisonniers sont analphabètes ou ont un niveau très bas d’étude (les premières classes de primaire). Quelques détenus diplômés, indemnisés par les sœurs, donnent des cours à des personnes qui ont entre  20 et 50 ans. Quelques-uns, mais ils ne sont moins nombreux, arrivent à décrocher le BEPC. Le plus important, elle a monté un véritable atelier de broderie. Plus de 150 hommes y participent et une cinquantaine de femmes. C’est un travail de préciles châlitssion et de concentration. Ils font désormais du travail de qualité. Les broderies sont cousues ensuite dans un atelier chez les sœurs sur des trousses, des sacs, des cartes, ePrison 4tc. Le travail est magnifique ! «Au début, raconte Sœur Agnese, je ne voulais travailler qu’avec les femmes. Cela me semblait déshonorant de proposer ce travail à des hommes. Mais ils n’ont aucune occupation et, en plus, ils ont besoin d’argent, alors ils ont insisté pour que je les forme. Aujourd’hui, ils sont plus motivés et travaillent mieux que les femmes. Certains, les plus doués, sont devenus formateurs pour les nouveaux». C’est une activité qui, non seulement leurs permet d’apprendre quelque chose de nouveau, mais qui leurs procure un peu d’argent (environ 70 cts d’€ le petit carré de broderie, ce qui est un bon prix !). Sœur Agnese va vérifier le travail de chacun une fois par semaine et elle achète les plus belles broderies. Les moins méticuleux devront recommencer s’ils veulent recevoir leur salaire ! Nous vendons leurs broderies pour les aider à survivre.
Les quatre photos du texte sont de Carl HOCQUART. Il a eu la gentillesse de nous autoriser à les publier uniquement sous le couvert de notre association. Le poids d’une photo remplace bien souvent de longues phrases. Ces photos montrent la dure réalité des conditions de vie des détenus de la prison d’Antsirabe. C’est un excellent photographe doublé d’une grande sensibilité. Je vous invite à consulter son site : http://carlhocquart.photodeck.com
Il est clair que ces photos sont la propriété de notre ami et qu’en aucun cas vous ne pourrez vous les approprier sans son consentement.

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