La fée lumière à Ankazomaranitra

Après une semaine très mouvementée et riche en rebondissements, Jean-Jacques a accueilli à l’aéroport d’Ivato les élèves du lycée Denis Papin de Romorantin. Arrivés sur la Grande Ile, voici le récit des premiers jours :

Et c’est parti !

Pas partis que déjà pressés d’arriver. « La téléportation, quand est ce qu’ils l’inventent ? » lance Alexandre pour valider ce que tout le monde pense.
Après, c’est moins drôle, il y a toutes les formalités : et que je sors mon passeport et que je le range et que je le ressors …et puis les files d’attente, je vous dis pas !ca a été quand même, « Sauf que moi mon flacon de désinfectant, adieu ! tout neuf quand même ! Et plein ! C’est abusé», aime à se plaindre Alexandre.
« Je n’ai pas eu l’impression d’avoir attendu à La Réunion, et pourtant on s’est fait 4 heures d’escale, bloqués dans l’aéroport », rappelle Benoit. « Heureusement après ça a été direct pour Madagascar. Faut dire aussi qu’on a dormi, mal mais on a dormi », ajoute Thomas P.

Samedi 11 mars 2017  Tananarive, le CHOC

La misère en pleine figure et tu ne t’y attends pas. « La réalité des reportages nous a rattrapé, je ne vous dis pas comment », envoie Thomas encore secoué. « Moi je ne voyais pas ça comme ça, la misère des pays pauvres » ajoute Pierre. « Tu sors de l’aéroport et là tu as des femmes et des enfants qui te sautent dessus, te réclament de l’argent, 10 cts, à manger. C’est pas drôle, tu es là et tu ne sais pas quoi faire face à cette misère qui s’agrippe à toi. Tu te demandes où tu es ». « C’est comme un retour dans le passé, on dirait que les choses ici sont restées fixées dans le temps, que l’évolution s’est arrêtée au large des côtes de l’île » jettent tout à trac Lucas, Alexandre et Thomas B.
Et puis on a traversé la ville : « Le chien mort sur le trottoir avec des oiseaux autour » écœurant dit Alexandre…et les boutiques ! Impressionnantes les boutiques ! Minuscules, enfoncées dans le noir, sales, déglinguées, bricolées avec des bouts de planches, de tôle, de murs, ouvertes sur la rue, la foule. Et ce qui s’y vendait, je vous jure ça ressemblait à nos restes de table. Des marchands de nourriture qui vous laissent tout à l’air libre, les fruits et les légumes en petits tas sur des planches ou sur un chiffon à même le sol, des calamars étendus sur le trottoir juste au bord des voitures qui passent, de la viande accrochée en l’air. Rien qui donne trop envie d’acheter, ça c’est sûr.
Et des enfants partout. « Moi je ne voyais pas ça comme ça », souffle avec tristesse Benoit. « Les gens risquent de se faire écraser à tout instant, les voitures ne font attention à rien, elles se doublent à se coller. C’est chaud ! »Continue Benoit.
« Et les odeurs !! Extrêmement fortes. Mélangées à la chaleur excessive, c’est voilà, quoi !!! »
« Oppressante cette traversée. On était content d’arriver à l’hôtel pour ne plus voir ça, la pauvreté juste en face de toi, vivante, encombrante. On n’était pas tranquille dans nos 4×4.
On se dit que ça ne peut pas être vrai, on se demande s’il y a un gouvernement, un président. C’est vrai quoi ! » Colère Alexandre.

Dimanche 12 mars 2017  Au bout de la piste…Ankazomaranitra

Après 4 heures de route, enfin la piste.
A l’entrée de la piste des enfants nous attendaient. Ils se sont mis à courir derrière nos véhicules, en riant, en nous faisant des bonjours de la main. Trop belle surprise, trop beau !
Ca fait plaisir d’être accueillis comme ça. C’est comme si on était des héros. On n’aurait pas imaginé ça, c’est pourquoi on va se donner à fond sur le chantier. On va leur faire quelque chose de bien pour les remercier de tout ça. On veut mettre des sourires sur les visages des gens. C’était vraiment beau et émouvant de voir ça.
Le village : un accueil formidable. Pendant le repas, les enfants du village nous ont chanté leurs chansons avec de petites chorégraphies, après ils nous ont organisé un feu de camps, tandis que l’orage tonnait au loin. Ils nous ont fait danser autour du feu…Moment incroyable !
En fin d’après-midi, un groupe de jeunes du village a voulu nous montrer un endroit en contre bas du village. On les a suivis sur un chemin glissant et bien en pente, et là : une vraie piscine naturelle, avec une petite cascade. Un endroit incroyable. Mais avant de se jeter à l’eau il a fallu répondre à une coutume locale qui veut que tous ceux qui se baignent dans cette source pour la première fois fasse une danse, alors on leur a fait une Macarena. On leur a déclenché de gros fous rires. Ca fait chaud au cœur de voir qu’ils sont contents que l’on soit là. Les araignées qui flottaient dans l’air au-dessus de nous ne nous ont même pas tracassés. Et quand M.Mekki et le gars Yoan d’Energie Assistance nous ont rejoints dans l’eau, alors là c’était la fureur ! Grandiose !!!
Le sens de l’hospitalité malgache, j’vous dis pas !!!   Alexandre, Thomas P, Lucas

Lundi 13 mars 2017  Le 1° jour de taf…

Il est 7 h, un peu dur le premier briefing des patrons ! « On était un peu perdu, on ne savait pas comment faire mais après ils nous ont expliqué et ça a été. Ils sont supers à Energy Assistance.
On venait juste de commencer le chantier quand on a vu les élèves de l’école se réunir sur l’esplanade et devant un mât. Un garçon a grimpé à son sommet pour accrocher les cordes du drapeau qui avait été démonté à cause du cyclone. Quelques minutes plus tard, on assiste au lever du drapeau. « Impressionnant, sérieux, touchant et un peu militaire » ont retenu Pierre et Thomas P. « Et quand toute l’école se met à chanter l’hymne national malgache, alors là c’est troublant ». Ils aiment leur pays. C’est un moment qui rappelle un peu ce qui se faisait en France dans les années 1800, enfin je crois ». « Les enfants sont contents d’aller à l’école cela se voit ».

Retour au taf.

« Venez là 5-10 mn que l’on fasse un point sur vos 2 derniers jours…une fois, deux fois, trois fois…pas la peine. Leur réponse : « On taf madame, pas maintenant »…voilà, tout est dit.
Plutôt contents de ce qu’ils font. « Après faut savoir si ça va fonctionner » s’empresse de reprendre Benoit. « On est ensemble ». « Tout est cool, sauf la chaleur bon sang ! Ca ralentit le boulot ça ! Bougonne un peu Pierre. « Je crois que pour l’instant on se débrouille pas mal, mais faut demander aux chefs ». « Moi, j’ai trouvé un peu dur au début car je n’avais jamais vraiment travaillé sur un chantier avec un vrai chef de chantier qui te dit ce que tu dois faire, où et comment, et puis je n’avais pas vraiment utilisé des outils comme ça. C’est bien, ça me plait » avoue très discrètement Nicolas. « Et puis il y a les élèves dans la classe qui nous regardent travailler. Ca nous donne encore plus envie de bien faire » dit Lucas.
Dans l’ensemble on travaille mais en rigolant. On est fatigué parce que le temps est lourd.
Bon Boubaker n’est pas très sympa avec nous, il faut le dire. Avec M.Mekki c’est dur aussi. Heureusement qu’il y a Yoann et Hugues, sauf quand on les entend pester « Oh, les gars, l’outillage, ça va pas ! »
Là-dessus entre le fameux Boubaker : « Alors les p’tits loups, comment ça se passe ? » No Comment !

Mardi 14 mars 2017
Quand Luis rêve…
Quand Luis rêve, il rêve travail : « Hey Bouba, c’est normal qu’ils fassent ce truc ? »…on est 2h du mat’, c’est bien… « Moi je trouve que c’est assez marrant » dit Thomas P…
Ou alors Luis chante, et il chante devinez quoi ? « Visez la lune ». Là il est dans le ton de la journée et dans le sillage des patrons. Parce que sur le chantier, les chefs chantent. « On bosse bien et en plus les chefs mettent le feu, ils n’arrêtent pas de chanter, en solo, en duo ou en trio. Le meneur c’est M.Mekki,. Lui quand il chante, il chante du Sardou, du Démis Roussos… et oui…ou du Tino Rossi, mais il fait aussi dans le Maitre Gimms ». Ca dépend aussi de ce que notre pro de la Play List, Hugues, met en fond sonore, ou si notre ténor, Yoann, se lance dans un Barry White ou du Aznavour, la Bohême, pour tout dire, avec des modulations très spéciales, bien à lui. « Un petit Eddy Mitchell Yoann ? »Propose M.Mekki…Et voilà c’est reparti pour un duo délirant! « Hey madame, ne dites pas que nous on chante des chansons paillardes, sinon on va se faire fâcher » Benoit.
Et là, soudain un « Moi j’voudrais bien que quelqu’un monte sur mon échelle » traverse l’air. C’est Hugues.
N’empêche qu’ils avancent vite. « On va même super vite et avec de l’ambiance. Même si on préfère nos musiques » veut préciser Alexandre. « Non, la musique des vieux ( merci pour les vieux !) c’est plutôt pas mal. Là c’est du ACDC qu’il nous met Hugues, c’est sympa ça non ? » Reprend Lucas…
« C’est Ok, c’est Max » Chantonne Alexandre en s’éloignant.

Le chantier d’en bas

C’est celui de l’école. Il a été confié à Luis et Thomas P, sous la tutelle de Gérard. « On a installé les prises de courant, les boites de dérivation, les interrupteurs, les luminaires, on a tiré tous les câbles d’alimentation et raccordé tous les éléments » énumère Thomas et « c’est bientôt fini » Ajoute-t-il. « C’était plus dur sur la fin, avec la température. Et puis hier j’étais perdu avec les câbles, je ne savais pas quoi faire. Mais Gérard m’a montré. En fait les ¾ des câblages ça reste Luis et Gérard qui les ont fait. Moi je me suis juste chargé de poser les éléments pour le câblage »veut rectifier Thomas P. « Le plus compliqué c’est de savoir où sont les longueurs, placer les croix, percer, percer surtout car il faut faire attention aux trous. Il faut éviter de trop forcer en perçant parce que le mur s’effrite comme un rien. Il ne tient pas » continue Thomas. « Il y a aussi cette échelle en bois, boitillante, je ne lui fais pas vraiment confiance avec ses ficelles qui tiennent les barreaux, et en plus elle me bousille le tibia à chaque fois que je monte dessus. Regardez madame, j’ai des marques là et ici. Mais à part ça je suis satisfait de ce que je fais » termine Thomas P.

Le chantier d’en haut

C’est celui de l’internat et du logement des enseignants. Là il y a le gros de l’équipe….Ce soir normalement on a de la lumière dans tout l’internat, vu le boulot abattu hier. « On avance vite aime à me rappeler Alexandre, on va même super vite, et toujours dans une bonne ambiance ». Il continue : « Le plus dur ici, ce sont les trous car les murs lâchent, ils s’effritent très facilement. Il faut faire très attention et ne pas se tromper sur l’endroit où l’on doit percer, à un mn près on est à coté, on n’a plus qu’à recommencer, chercher un bout de mur moins friable ». « Avec du courage, du temps, de la patience, de la détermination et de la motivation on s’en tire » dit Pierre convaincu. Il ajoute : « Aujourd’hui en tous les cas, c’est plus rapide qu’hier quand on était à l’école, on est plus rodé et aussi parce qu’à l’école, il fallait aller chercher les outils à l’autre bout, la galère ! Les outils maintenant, on les range dans nos sacs pour éviter de se les mélanger et comme ça les chefs ils râlent moins ». Celui qui râle le plus c’est quand même Bouba, mais en même temps il est chef de chantier, alors il ne rigole pas » dit Thomas B. « Il donne pas mal de conseils mais comme je connais aussi un peu ça va. Il a sa façon de faire à lui, moi j’ai la mienne mais je fais comme il dit » précise Pierre
« Vous n’avez pas une pince coupante ? » coupe alors Nicolas, tout à son travail.

Le logement au bout de l’internat.

« N’entrez pas madame » me lance Lucas avec une grimace. « ça ne sent pas très très bon ici. Vous voyez, la maison est très vide et la cuisine est entre les deux lits, tous les murs sont noirs de fumée parce qu’elle fait du feu dans la maison. Pour percer dans ces murs là, ce n’est pas facile. Ils sont pourris, ils ne tiennent pas. C’est un endroit lourd de pauvreté. Ca fait mal à voir. Comment fait-elle pour vivre dans cette odeur ? C’est propre mais tout est vieux, en piteux état, les rideaux sont tout troués. C’est délabré. J’ai de la peine et la dame fait pitié avec cette toute petite fille.
Pour le boulot, ici madame ce sont les trous le plus compliqué. Si on fait des trous et que les chevilles rentrent facilement, ça ne va pas tenir. Il faut refaire un trou jusqu’à ce que ça marche pour pouvoir mettre une boite de dérivation, une prise de courant et un interrupteur. Et en plus il faut bien les faire parce qu’après, sûr qu’elle va s’en servir pour suspendre des tas de trucs comme ce sac en plastique, vous voyez là madame ! ».
Bouba s’adressant à Lucas : « ça va ? C’est sûr ? ». « On lui a réparé sa porte, elle est super contente. Elle ne le montre pas, mais je le sais » ajoute Bouba avant de rejoindre un autre garçon à l’autre bout du bâtiment.
Et tandis qu’il s’éloigne on entend M.Mekki tonner « Laisse le mou derrière, laisse le mou ».

Content d’être là …même si on se fait houspiller

« Je suis très content d’être là, on travaille vite, on rigole, on est ensemble. Ca donne encore plus envie de travailler et de bien faire. On aide et on est ensemble pour le faire, ça, ça me plait » confie Alexandre. « C’est sûr qu’on va aider les gens avec ce qu’on fait ici, ça va leur rendre service. A l’atelier, on fait quelque chose et ensuite on le démonte. Ici on fait et ça reste », dit Nicolas.
« Je suis content d’être là, intervient à son tour Thomas B, mais le plus dur ce sont les toilettes, faut avoir de la volonté pour y aller. Moi, je n’y suis allé qu’hier soir mais je ne sais pas si c’est parce que je ne voulais pas y aller, parce que c’est très spécial, ou si c’est à cause du riz. En tous les cas, cette cabane à toilette avec son trou et ses odeurs, j’vous dis pas comme c’est !!! ».
Toujours Alexandre, mais là avec sa casquette de « préposé au drône » : « Vous ne sentez pas là le vent madame ? Pas moyen de bien le contrôler, il vire. Problème de batterie ! Regardez le prof, il abandonne. Le pire c’est qu’il prend vraiment un air sérieux quand il fait ça ! » Dis aussi Alexandre que je fais mon Kaliméro » rétorque le dit prof.
Et Bouba qui enchaine « Faites gaffe les gars, elle note tout Anne Marie ! » Et il repart avec un « Attention là Alexandre, tu es sur une demi table ».
Re Bouba, vigilent à tout, l’œil partout : « Là, je ne comprends pas quelque chose les gars ! Ca disparait à vue d’œil. Franchement c’est pénible ça, deux interrupteurs où le mécanisme manque. Voilà, ça fait deux interrupteurs qui sont vides ! Tiens voilà prends celui-là, et toi ranges tes affaires. Pourtant ce n’est pas compliqué de ranger, non ? Tiens ranges moi cette scie que je ne saurais voir ! » (Non mais, on connait ses classiques !!) Une minute plus tard : « Hey les p’tits loups qui va la faire cette boite ? Franchement les gars, là, vous n’assurez pas une cacahouète ! Rangez moi ces lunettes, et la boite quand est-ce que vous allez la faire ? Tu veux t’occuper de ça Benoit ? C’est parti pour Benoit qui avant me dit « Suis content d’être là, de ce que je fais parce que c’est une bonne action. Mais maintenant il ne faudrait pas qu’ils se fassent voler les panneaux solaires. Yoann et Hugues ont dit qu’on allait faire en sorte que ça n’arrive pas, techniquement je ne sais pas à quoi ils ont pensé ? »
« Fini les gars, aujourd’hui on ne rigole pas, on ne chante pas ! C’est bon ? J’étais crédible sur ce coup là, ? », balance M.Mekki, histoire de ne pas se louper sur l’ambiance générale.

Il se met à pleuvoir. « Ca fait du bien cette pluie » dit Thomas P, « ouais, mais ce sont de trop grosses gouttes d’eau » ne peut s’empêcher de reprendre Lucas.

Mercredi 15 mars 1017  La revue des appartements

Aujourd’hui ils attaquent les logements à côté de l’internat, sur le chantier d’en haut, et en bas, ils installent les panneaux solaires.
Les odeurs sont la première difficulté pour certains. Elles les indisposent vraiment. « Ici madame, les odeurs sont trop fortes », « Horribles ces odeurs. Là -dedans je ne sais pas les odeurs de quoi ! Ca m’écœure rien que de le dire. Impossible de passer plus de 2 mn à l’intérieur, ça me prend trop le nez, direct l’estomac, excusez-moi madame». Solution de M.Mekki : « Ecoutes Thomas tu feras le boulot d’extérieur, ça te va comme ça ? Ne t’en fais pas il y aura de quoi. »

Intermède Hygiène nécessaire.
3 élèves ont des maux de ventre ce matin. Bouba et M.Mekki leur rappellent qu’ici ce ne sont pas les conditions européennes. « Lavez-vous les mains autant de fois qu’il le faut, avant de passer à table, au moment des collations de 10 h et de 16h, quand vous sortez des toilettes. Je sais, il faut faire un détour, allez jusqu’au robinet là-bas, mais c’est nécessaire. Enlevez vos gants si vous avez une poussière dans l’œil pour la retirer. Aucun des adultes n’a ce mal au ventre, et pourtant on mange la même chose que vous, on vit dans le même endroit, c’est que vous ne vous appliquez pas assez à tenir l’hygiène. Faites attention ; On va vous surveiller davantage mais pensez-y aussi. C’est compris pour tous ? »

On enchaine avec les consignes de matériel
« Il ne faut pas vous disperser parce que là vous allez opérer chez les gens, vous allez rentrer dans leur maison. Il faut les déranger le moins possible dans leur quotidien, leur environnement ». « Posez l’outillage à un endroit et laissez-le là. Vous avez besoin d’un tournevis, vous le prenez là et vous le remettez là où vous l’avez pris. N’éparpillez pas le matériel, les PC, Interrupteur, ensemble au même endroit »
« Allez, on y va, on va se mettre au charbon ! » Conclue Bouba.

Jeudi 16 mars 2017

Ils tombent….Comme des mouches. D’abord 2, puis 3 et très vite 5, et 6. La fatigue les a eus. Cet après-midi c’est sieste pour tout le monde. Un break de chantier s’impose. Le soleil tape dur sur les épaules, les bras et les nuques sont rouges. En même temps ils ont bossé comme des fous, ils sont largement en avance sur le temps prévu, tous les bâtiments sont en main. « Je préfère travailler avec ces gamins qu’avec les ingénieurs de ma précédente mission » souligne Gérard, le plus expérimenté de tous…

Vendredi 17 mars 2017

Encore 3 qui ont mal au ventre, et voilà le quatrième. « Oh là, là, madame, j’ai mal au bide !» « Hey, madame ça se prend comment ça ? Se renseigne Alexandre. « Sous la langue ». La chose se dit rapidement dans le village que des garçons ont mal au ventre, alors deux villageoises arrivent quelques minutes plus tard avec un thermos. Elles leur ont préparé une tisane faite avec les herbes d’ici. A boire avant 13h leur disent –elles. La potion ne fait pas fureur mais elle agit drôlement bien. C’est un peu comme pour la blessure au pied de Lucas. Quelques feuilles arrachées à un arbuste, mâchées entre les doigts, pilées avec une pierre, un peu d’eau de la source dessus pour lier et la pâte obtenue est appliquée sur le bobo qui s’arrête de saigner d’un coup. Et notre Lucas qui repart dans l’eau, ni vu ni connu.
Tout est installé partout (Luminaires, prises, panneaux solaires sur l’internat, raccordement avec le logement des enseignants…) Aujourd’hui on installe les panneaux solaires sur les toits de l’école. « Normalement ce soir c’est fini » déclare Yoann. Si les gosses continuent de bosser comme ça, on va battre tous les records d’efficacité. Ils pigent vite, mais surtout ils en veulent. Je ne dis pas qu’il n’y a pas quelques couacs par-ci par-là, mais dans l’ensemble, ils s’en sortent bien». « Bien très bien. Moi j’ai vu le résultat, je n’ai pas trop bossé avec eux mais ils ont l’enthousiasme et l’impatience de la jeunesse. Il n’est pas rare de les voir partir et revenir en se disant : « Ah il me faut ça, et ça », mais ça c’est normal. On voit ceux qui sont exigent avec eux-mêmes et autonomes, et il y en a d’autres qui profitent plutôt du moment présent» ajoute Hugues. « Hier il y avait un câble qui pendait, il a fallu que Bouba insiste pour que quelqu’un s’en occupe et il a fini par désigner Thomas B à la tâche. Thomas qui a râlé évidemment, mais il s’est attelé à la tâche». « Et toi Bouba, qu’en penses-tu du travail qu’ils ont fourni ? «Franchement, franchement ils ont fait un boulot très satisfaisant. Ils ont bien suivi les consignes, ils ont bien écouté ».
Petite réunion de chantier avant de démarrer la journée. Chacun son taf. Nicolas et Lucas sont collés au câblage du tableau électrique de l’école. « On n’a jamais fait ça », disent-ils. »Et bien on va vous montrer et vous allez apprendre, et si vous avez un problème on est là, ok les gars ? » Les rassure M.Mekki.

Samedi 18 mars 2017

« On doit le faire….grimper sur la montagne et aller voir ce qu’il y a là-haut, de l’autre côté de la montagne ». C’est Luis qui a dit ça hier soir avant d’aller se coucher.
Et ce matin à 5h45 ils sont partis…Et ils ont vu….(voir les photos qu’ils ont prises)

Petite anecdote du retour d’escapade (Une randonnée de 4 heures quand même !) : « J’étais en train de les suivre et puis j’me suis trompé de montagne. Ils sont partis par là et moi par-là ». Pauvre Nicolas !!!!

 

 

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