Site d’Antsirabe

La prison d’ANTSIRABE

Reçues le 1er mai, voici les dernières nouvelles de la Prison d’Antsirabe.

« Sans doute vous avez déjà reçu des nouvelles directes par Caroline et Patricia qui ont vu la porcherie pas encore terminé, mais bien avancé ! Trop pris le gardien chef a laissé un peu trop faire aux élèves : on ne peut pas dire que c’est un chef d’œuvre, mais étant une porcherie, cela peut passer … Les porcelets en ont profité, la première nuit,  pour s’enfuir en passant à travers les planches ! Panique des pénitenciers … et reprise des porcelets qui ont réintégré leurs cellules ! Aujourd’hui ils étaient sages et il me semble qui ont déjà grossi ! Cela apportera, peut-être qu’on ait d’autres poubelles pour qu’on puisse différentier ce qui est jeté. Un peu d’éducation civique ne fera pas du mal ! et les cochons en profiteront !

Le plus petit était de 13 kg, le deuxième de 15 et le dernier de 19, ce qui fait 47 kg et puisque un kilo coute 10.000 ar, le tout fait 470.000.  Il semble qu’il suffit de 5 mois pour les faire grossir !  Cela va vite ! Si vraiment vous viendrez le mois d’octobre, on fera peut-être la fête ensemble avec celui qui est pour les détenus !. Peut-être que de nouveaux seront prêts ! On va faire les comptes avec ces trois pour savoir si on gagne un peu pour qu’un soit pour les détenus ! Peut-être il en faudra 4 pour en gagner un !

Vous demandez si nous avons d’autres projets… toujours trop pour ce qu’on peut réaliser ! Mais c’est bien de rêver, cela aide à vivre la réalité qui n’est pas toujours agréable pour nos amis !

dernières nouvelles de la prison d’ANTSIRABE

Nous recevons ce courrier de Sœur Agnese avec laquelle nous avons monté une un petit projet d’élevage de poules pondeuses dans la prison d’Antsirabe.

Ce petit rayon de soleil qui risque d’illuminer quelque peu cette prison ne pourra que profiter à tous ces malheureux qui s’y trouvent enfermés.

« Nous voilà partis avec nos poules ‘innocentes’ en prison! Elles sont bien arrivées le 17 avril, comme prévu, et bien accueillies dans un ***!!!, mieux que les copains de l’autre coté du mur! Il y a eu déjà un petit accident qui m’a fait mal, mais qu’il faut accepter pour la paix commune, mais cela me ronge. Deux jours avant leur arrivée, quatre jeunes, deux hommes et deux femmes ont été condamnés à vie à cause d’un vol des os des morts!!! Un des deux jeunes hommes, ayant suivi le cours pour l’élevage des poules, j’étais heureuse de savoir qu’il avait été choisi pour s’occuper des poules, avec un petit salaire de trois fois rien (un euros et demi par semaine). Mais voilà, les chefs ne sont pas d’accord car, avec cette
condamnation, disent-ils, nous ne savons pas comment il va réagir!!!, comme si la peine n’était pas suffisante!
Hier encore elles allaient bien… elles mangent et dorment pour le moment, et on espère qu’elles commenceront bientôt à travailler!!!    J’espère que la vente des œufs se passera bien; je vais préparer des fiches pour dire que le crédit n’est pas permis! J’ai des craintes pour le personnel, on verra et je vous ferai savoir. Pour le moment un grand merci!
Un grand bonjour à votre femme et à tous ceux qui font partie de l’association
 ».

Sœur Agnese.

 

La prison

La prison d’Antsirabe.

Si, la grande majorité de la population vit dans la misère et le plus grand dénuement (92% vit en dessous du seuil de pauvreté), les conditions carcérales dans les prisons sont vraiment sont insoutenables.

Entrée de la prison d'Antsirabe (Madagascar)

La prison d’Antsirabe n’échappe pas à la règle, prévue pour 300 personnes, on y « entasse » plus de 750 prisonniers. Une « chambre » peut contenir jusqu’à 200 détenus. Ils y sont enfermés de 17h à 7h du matin.

Ils couchent côte à côte sur des châlits en bois. Ils végètent dans une promiscuité insupportable, ils sont abandonnés de tous et l’oisiveté est leur seule occupation. La sous-alimentation est chronique : un seul la prisonrepas par jour leur est proposé uniquement composé de manioc bouilli. Si la famille ou des amis ne leur apportent pas un complément, c’est limite la famine. La vermine avec des invasions de rats et les maladies infectieuses, dont la tuberculose, font partie du quotidien. La toilette se fait sans aucune intimité dans une minuscule cour commune, qui jouxte les W.C. aux odeurs pestilentielles.
Les trois quarts des détenus sont en attente de jugement. Certains sont en préventive pendant des années pour des délits mineurs. Pour le cambriolage d’une maison, le vol d’une poule ou une bagarre en état d’ébriété, certains font jusqu’à 5, voire davantage d’années (jusqu’à 10 ans !) dans cet enfer, sans même avoir été condamnés. La Justice, entre les « bavures » et la corruption est en dessous de tout. Un homme est condamné à perpétuité pour meurtre. C’est son frère qui a commis cet assassinat. Lui était à Tana, des dizaines de personnes peuvent en témoigner. Son frère est en fuite.

ZAZAKELY (ANTSIRABE)

Zazakely, le centre d’accueil d’Antsirabe, vu par Caroline (janvier 2015)DSC_8697

« Antsirabe est une assez grande ville, située au sud d’Antananarivo, elle a été une prospère ville d’eau sous la colonisation, dont il reste de beaux exemples d’architecture coloniale, de grandes avenues bordées d’arbres, une vague mélancolie.

Pas de mélancolie chez « Zazakely », le centre d’accueil monté dans un quartier périphérique et misérable pour les enfants du coin, grâce aux finances du Secours Catholique Suisse. Il accueille les petits du quartier, qui ne vont pas encore à l’école, toute la journée et les enfants du primaire et du collège, qui viennent déjeuner à midi et faire ensuite leurs devoirs, dans des salles de classes propres et bien décorées par les dessins des enfants, des planches diverses, c’est la première fois depuis que DSC_8678nous sommes à Madagascar qu’une école ressemble aux nôtres, pour l’atmosphère  avec aussi des sanitaires propres, des gros savons sur le lavabo des toilettes. Cela n’est pas un détail,  partout où nous sommes allés, l’hygiène est précaire, tout est cher pour ceux qui ont si peu de moyens !

Jean-René est le responsable du centre, on le sent très impliqué, avec le souci réel de tous ces enfants qui vivent tout près dans de minuscules maisonnettes de briques crues et de pisé, souvent une maman seule avec une marmaille et une grand-mère. Il est aidé, à l’école, par des « travailleurs volontaires » qui viennent d’Europe pour des durées de six mois.