Site de Kaonkaola

La vie de tous les jours à Kaonkaola

Kaonkaola véritable défi.

Kaonkaola, nom d’un roi Sakalava, est le nom du lieudit du projet, il se caractérise par d’énormes rochers visibles de très loin. C’est aussi le lieu choisi par le Père de Laulanié, ingénieur agronome de renom (1986 à 1996+) pour former de petits paysans aux techniques agricoles de base qu’il a nommé le CEFOTAM. De nos jours Kaonkaola est un véritable défi et pari de développement en marche.

Kaonkaola est à 200 km de Tananarive sur la RN 1, direction Tsiroamandidy, en passant par Imeritsiatosika, Miarinarivo, Analavory. Après 155 km de route correcte parcourue en 2H nous prenons, après Analavory, une piste de 42 km, qui lors de la saison des pluies est sur de larges tronçons un vrai marécage. Et pourtant cette voie s’appelle encore la RN 1, souvenir pas si lointain de sa jonction avec Tsiroamandidy à la fois chef-lieu et diocèse de cette région. Guère de voitures l’empruntent, si ce ne sont d’énormes camions Mercédès, qui finissent de défoncer la piste. Ils sont chargés jusqu’à la gueule de sacs de riz collectés chez les paysans. En ce mois de janvier c’est la première récolte de l’année. Quelques rares taxis-brousse transportant des voyageurs osent aussi l’aventure, aventure que l’équipe de Florence, appelée Zoma, brave deux fois par mois pour appuyer le « CEntre de FOrmation et de Transit des Agriculteurs Migrants. »  Très étrangement, cette route autrefois fréquentée et maintenant souvent inempruntable n’a sans doute pas dit son dernier mot avec ces « héros » que sont les bénévoles de l’équipe du Père de Laulanié.

KAONKAOLA

Kaonkaola est le site incontournable où doivent passer tous nos amis malgaches recueillis après avoir connus diverses infortunes. Le plus souvent, ils ne possèdent plus rien et sont dans un dénuement DSC_4605extrême pour ne    pas dire drizièreans la pauvreté la plus totale. C’est une population migrante, issue de la campagne, que les conditions économiques ou climatiques poussent à l’exode dans la capitale. Miroir aux alouettes, ils pensent y trouver une solution à leurs problèmes mais n’y rencontrent que misère et désolation.

Kaonkaola est un centre de formation et de remise à niveau pour ceux qui sont issus du milieu rural. Chaque promotion comporte entre trente et quarante personnes réparties entre des célibataires et des familles avec enfants. La durée du stage est d’un an et commence en juin de chaque année. Une dizaine de formateurs de qualité, toujours à l’écoute des stagiaires, possédant une longue expérience et une grande connaissance du secteur agricole, sont sur place pour leur faire acquérir des bases solides théoriques et pratiques modernes qui répondront aux besoins sur le terrain. Notre ami Nono, directeur de ce centre, gère avec maestria l’ensemble de toutes ces activités. Durant ce parcours, plusieurs évaluations son effectuées au fil du temps. Le taux de réussite avoisine les 90%.

A la fin de leur stage, les stagiaires sont installés sur des terres vierges qui deviendront des villages.

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En 2016, nous en sommes à la 25 éme promotion, les vingt premières ont été installées à Ankazomaranitra, les suivantes à Antakavana. La dernière rejoindra ce village en juin prochain.

Kaonkaola, vu par Caroline, janvier 2015                                      enfants des stagiaires

  « On accède au village après plus d’une heure de piste, en parcourant des étendues dénudées sur les Hautes Terres, comme un immense plateau bordé par les sommets   arrondis, émoussés, de très vieilles montagnes.

  A un moment, on repère une sorte de haie d’acacias, au loin, ce sont les arbres qui délimitent le village de Kankoala, le centre où les stagiaires, une vingtaine chaque année, célibataires ou accompagnés de leur famille, viennent se former pendant une année complète, dans le but d’être ensuite capables de s’installer comme paysans autonomes, mais solidaires, dans l’un des deux villages du CEFOTAM . L’association fournit les divers formateurs pour les corps de métiers indispensables : cultures, construction, compostage, élevage etc.

 Un village autour de son école, qui est précédée d’une grande place, qui en est le centre vital : lieu des jeux d’enfants avant et après la classe, lieu de rassemblement ou de fête pour la communauté villageoise. Quelques maisons au mobilier rudimentaire, tables, lits, tout est menuisé sur place, on cuisine dans les cocottes malgaches, posées sur des fourneaux maçonnés sur place avec les briques  locales.